Manuela de Souza. Photo : Bartolomeu de Souza

Manuela de Souza. Photo : Bartolomeu de Souza

Par Alison Buckholtz

Chargée de communication pour IFC à Goa, en Inde, Manuela de Souza baigne dans les mauvaises nouvelles.

Depuis qu'une deuxième vague d'infections par un variant hautement transmissible de la COVID-19 a déferlé sur l'Inde et causé un nombre record de décès, Manuela a vu le virus faire des ravages dans tout le pays, y compris dans son État natal de Goa. Celui-ci vient d'enregistrer le taux de positivité le plus élevé en Inde et connaît une augmentation sans précédent du nombre de décès en raison des ruptures d'approvisionnement en oxygène.

« Il y a toutes ces images de bûchers et de tombes funéraires, de malades qui suffoquent devant les hôpitaux. C'est désarmant et affligeant… et c'est une réalité très difficile à supporter au quotidien », raconte-t-elle.

Dans un reportage audio réalisé par IFC, Manuela de Souza explique comment les messageries instantanées, et en particulier les messages SOS, ont modifié la lutte contre la crise sanitaire dans le pays. Et elle est directement concernée : « Si je suis réveillée à trois heures du matin par un message SOS, je peux réagir parce que j'ai accès à des groupes WhatsApp rassemblant des gens qui passent leurs jours et leurs nuits à vérifier et mettre à jour des informations sur la disponibilité de l'oxygène, les places en réanimation, les ambulances et les volontaires qui peuvent vous apporter à manger quand toute votre famille est malade. » Elle explique comment la technologie s’est muée en un « système parallèle » pour les secours.

Grâce à la technologie, Manuela peut aussi rester en contact avec des amis et d'anciens collègues de Delhi et Mumbai, des villes où elle a vécu et travaillé. Elle s'est entretenue avec eux il y a peu de temps pour savoir comment leurs entreprises et leurs secteurs d'activité avaient fait face aux troubles de l'année écoulée. Elle a parlé avec un producteur qui a totalement repensé son approche de la production média, avec un entrepreneur aguerri qui a décidé de se consacrer au soutien d'autres entreprises viables, et avec le fondateur d'une start-up d'alimentation bio. Soit autant de témoignages qui reflètent la diversité des moyens mis en œuvre par des entreprises « agiles » pour tenter de se relever de la crise.

En découvrant ces différents cheminements vers la résilience, Manuela de Souza a été frappée par « tant de bonté et d'ingéniosité ». « Le fait que nous soyons unis, c'est vraiment la seule chose qui permet à tout le monde de tenir le coup. »




Transcription

John Donnelly [présentateur] : La pandémie de COVID-19 a touché presque toutes les régions du monde. Il y a eu des moments incroyablement difficiles au cours de l'année dernière. Mais ce qui se passe en Inde en ce moment est ce que nous avons vu de pire jusqu'à présent.

Extrait actualités : Malgré la baisse du nombre de cas dans la moitié environ des États indiens, y compris dans les régions les plus touchées du Maharashtra et de Delhi, une personne testée sur cinq est positive à la COVID-19.

Extrait actualités : Dans tout le pays, le nombre de nouveaux cas a dépassé les 400 000 pendant quatre jours consécutifs, ce qui porte le nombre total d'infections confirmées à plus de 22 millions, soit environ 15 % des cas dans le monde.

Manuela de Souza [chargée de communication pour IFC en Inde] : La situation a été comparée à un mauvais roman dystopique, parce qu'en ce moment, tout le monde peut mourir autour de nous. Personne n'y échappe. Je ne pense pas qu'il y ait un seul d'entre nous dans tout le pays qui n'ait pas perdu des amis et des membres de sa famille à cause de la COVID, qui n'ait pas été personnellement touché par cette maladie, et qui continue de l'être un an après.

JD : Nous voulions aller un peu plus loin et en apprendre davantage sur la façon dont cette pandémie affecte non seulement les personnes, mais aussi les entreprises en Inde.

C'est ce dont nous allons parler dans ce reportage audio d'IFC Insights. Je suis John Donnelly, et je vais vous accompagner tout au long de ce reportage, aux côtés de ma collègue, Ela de Souza.

ES : Bonjour. Je suis chargée de communication pourIFC enInde. Et je suis ici pour témoigner de ce qui se passe dans le pays.

Je suis à Goa, le plus petit État indien. C'est une destination touristique très populaire. Tout le monde aime venir ici, mais maintenant ce n'est plus possible parce que nous sommes confinés, comme le reste du pays.

Extrait actualités : L'une des destinations les plus prisées pour les vacances, pas seulement en Inde, mais aussi par les étrangers, Goa est frappée par le coronavirus meurtrier. Les cas sont beaucoup plus nombreux et le taux de mortalité ne cesse d'augmenter. Le taux de positivité y dépasse les 50 %.

JD : Juste une petite précision. Je me suis entretenue avec Ela le 12 mai. À l'époque, cela faisait plusieurs semaines que les habitants de Goa avaient commencé à s'isoler chez eux pour être à l'abri.

ES : ... Ou au moins pour essayer de se protéger. Mais ce n'est pas tout. Cela fait tellement longtemps que nous vivons sans se voir. Nous ne pouvons même pas nous consoler les uns les autres, comme quand mon voisin est décédé. Presque tous mes voisins ont la COVID.

Et s'il se passe n'importe quoi ou si nous perdons quelqu'un, parmi nos amis et notre famille, nous ne pouvons rien faire. On ne peut pas y aller. On ne peut pas aider, ou seulement essayer de le faire à distance. Moi je vis avec mes parents. Ils sont âgés. Je suis terrorisée à l'idée de les exposer, mais on ne peut pas faire grand-chose. Bien que j'aie envie d'être utile, le mieux que je puisse faire est d'envoyer des messages SOS et de rester en contact avec des personnes que je connais à Goa, et aussi à Delhi et à Mumbai où j'ai vécu et travaillé pendant tant d'années.

Je pense que nous essayons tous de faire ce que nous pouvons, où que nous soyons. Mais bien sûr, tout le monde n'a pas la même chance que nous de pouvoir travailler à domicile et de rester en contact à distance. Il y a des gens qui doivent sortir pour aller travailler, pour nourrir leur famille.

C'est compliqué.

JD : Juste avant notre entretien, Ela a contacté des amis chefs d'entreprise pour savoir comment ils font face à tout cela. Ils ont transmis des messages vocaux, et vous allez en entendre quelques-uns aujourd'hui. Elle a été surprise à bien des égards par ce qu'elle a découvert : à la fois l'ampleur des difficultés et les témoignages de ceux qui se démènent, parfois loin de chez eux, pour aider les autres.

Mais d'abord, je voudrais qu'elle nous dise comment elle va.

ES : Nous baignons dans les mauvaises nouvelles.

Extrait actualités : Des patients désemparés dans le plus grand hôpital public de Goa attendent désespérément de l'oxygène et des lits. Certains sont même allongés sur le sol, car tous les lits sont occupés.

ES : Les mauvaises nouvelles sont partout. Quand vous voyez les bûchers et les tombes funéraires, les images de malades devant les hôpitaux, qui mendient des soins, qui suffoquent, c'est vraiment désarmant et affligeant. Et savoir que cela se passe juste à côté, c'est une réalité vraiment très difficile à supporter au quotidien.

Certains d'entre nous sont très privilégiés. Mais ce n'est pas le cas de la majorité en Inde. Les gens n’ont pas les moyens de se soigner, de parcourir de longues distances. Ils ne sont pas bien desservis par les systèmes de santé. Il s'agit donc d'un problème très réel et très grave qui nous concernent tous personnellement.

JD : La situation a l’air vraiment très compliquée pour la population.

En même temps, il y a des gens en Inde qui font tout ce qu'ils peuvent pour s'entraider. Par exemple, j'ai vu des images de conducteurs de rickshaws qui les transforment en ambulances.

Extrait actualités : Kumar est l'un des nombreux conducteurs de rickshaw de la capitale indienne qui transportent gratuitement les patients et leurs familles.

Extrait actualités : Bien sûr nous avons peur, mais si tous les jeunes restent cloîtrés dans les maisons, alors qui va sortir et se battre ? Nous devrons tous nous entraider.

JD : Les personnes que vous avez contactées ces derniers jours vous ont-elles relaté des histoires comme celle-ci ?

ES : Oui, absolument. Ce qui me frappe, dans les conversations que nous avons tous avec nos amis, notre famille, nos connaissances ou nos collègues de travail, c'est que tout le monde se serre vraiment les coudes.

C'est incroyable de voir la façon dont les gens ont commencé à se soutenir et la faculté d'adaptation dont ils font preuve. Ainsi, comme vous l'avez dit, cela va de la transformation de véhicules à la réaffectation de bungalows et d'autres locaux pour installer des centres de soins, en passant par nos chefs d'entreprise, vous savez, ces piliers de l'industrie, qui prêtent de l'oxygène parce qu'ils savent que les malades en ont besoin, et aussi ces entreprises qui donnent simplement de l'argent pour soutenir les interventions sur le terrain parce que les gens ont faim.

Moi-même, je connais des gens qui préparent à manger les uns pour les autres. Tout le monde s'est mobilisé et a fait beaucoup plus que ce que j'aurais pu imaginer.

Cela témoigne de toute l'humanité que les gens apportent au service des autres.

JD : La crise semble omniprésente autour de vous, mais je suppose aussi que beaucoup d'entreprises essaient de penser à plus long terme, à la façon dont elles peuvent garder le cap face à l’adversité, pour ensuite reconstruire et faire en sorte de préserver les emplois et rester à flot.

Avez-vous des exemples d’entreprises qui pensent à leur résilience à long terme après avoir traversé cette crise ?

ES : Oui, tout à fait. Avec les phases progressives de confinement de l'année dernière, les entreprises ne pouvaient tout simplement pas fonctionner normalement. Rien n'est normal.

Mais pour les entreprises, cela signifiait qu'elles devaient changer complètement la façon dont elles géraient leur quotidien.

J'ai interrogé Varun Chawla, cofondateur de 91springboard et l'un des principaux créateurs de build3. Depuis que Varun et ses associés ont fondé 91springboard il y a plusieurs années, l'entreprise s'est transformée en un magnifique espace de coworking, où de nombreux entrepreneurs, start-up et créateurs indépendants de tous horizons se réunissent et travaillent pour imaginer des produits et innover dans un espace commun. Ils ont dû changer complètement leur façon de travailler.

Varun Chawla (91springboard) : L'une des choses qui a vraiment changé, c'est que les entreprises voulaient des solutions permettant à leurs employés de travailler beaucoup plus près de chez eux, voire depuis chez eux. Elles nous ont demandé des solutions hybrides et nous avons décidé de créer une offre de produits autour de cela. Et cela a été très bien accueilli.

ES : Et ce qui est encore plus intéressant, outre la flexibilité qu'ils ont apportée à leurs clients, c'est que les fondateurs de cet espace ont décidé de lancer une nouvelle entreprise, build3. Elle est née de la COVID. build3 résulte en quelque sorte d'une crise de conscience.

L'équipe build3 en visioconférence avec ses principaux conseillers, dans les locaux de la société à Goa
L'équipe build3 en visioconférence avec ses principaux conseillers, dans les locaux de la société à Goa. Photo : Nikit Gupta

VC : Quand la COVID a frappé l'Inde, cela a été un moment fort d'introspection, de bonnes et mauvaises choses ont surgi et m'ont aidé à approfondir ma réflexion personnelle pour savoir ce qui était réellement important.

Et j'ai compris que je voulais jouer un rôle qui ait du sens en contribuant à bâtir des entreprises qui concourront à un avenir meilleur, des entreprises qui façonneront un monde meilleur demain. Et je me suis dit que j'adorais créer des entreprises. Et je connaissais bien le sujet. J'ai créé neuf entreprises à ce jour, pas toujours avec succès, mais tout de même !

J'ai donc pensé que si je pouvais mettre mes connaissances et mon expertise au service des entrepreneurs qui avaient déjà fait une ou deux tentatives, améliorer leurs chances de réussite et l'ampleur de leur contribution, ce serait fantastique. J'ai donc mis sur pied un business model pour que nous puissions travailler avec des entreprises qui auront une réelle utilité.

L'idée est de les soutenir financièrement. De les soutenir en leur donnant du temps et accès à notre réseau. Nous avons une équipe de cinq personnes qui travaillent activement avec chaque start-up. Nous les aidons à entrer en contact avec des experts dans différents domaines et nous mettons bien sûr à leur disposition des bureaux dans une belle villa à Goa où ils pourront travailler.

Nous souhaitons travailler en profondeur avec des start-up et nous n'en accompagnons que deux par an. Nous sommes donc véritablement une équipe cofondatrice et non des consultants, des mentors ou des investisseurs.

JD : C'est fascinant de voir comment le désespoir engendré par la COVID a suscité des vocations pour reconstruire sur de meilleures bases. C’est vraiment formidable.

J'ai beaucoup pensé pendant cette crise à tous ces gens qui doivent travailler à l'extérieur pour gagner leur vie comme, par exemple, ceux qui tournent des films en Inde. Comment font-ils face à la situation ?

ES : Un de mes amis, Vikram (Nath Gupta), dirige Carbon Black Films, une société de production basée à Mumbai, l'une des villes les plus touchées par la deuxième vague. Il y a toujours beaucoup de cas là-bas. Toutes ses activités ont été stoppées avec la COVID, parce que les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux.

Ils ne pouvaient pas mettre les comédiens en danger. Ils ne pouvaient pas mettre leur équipe en danger. Donc tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était s'accrocher, sans aucune sécurité financière, et attendre que ça passe. Et puis dès qu'une fenêtre s'est ouverte, dès que le confinement s'est atténué, ils ont commencé à travailler gratuitement. Ils ont dû être plus souples, réduire les coûts de fonctionnement et, comme dans beaucoup d'autres secteurs, numériser certaines activités. Par exemple, ce qui se passait habituellement en présence de plusieurs personnes sur un plateau, que ce soit des réalisateurs ou des clients, se déroule maintenant à distance. Les clients se connectent, regardent leur écran, peuvent donner leur avis immédiatement et donc, voir la production se faire en temps réel, en quelque sorte.

Ils ont dû changer le format de leurs activités. Selon Vikram, cela a révolutionné leur façon de travailler.

Vikram Nath Gupta (Carbon Black Films) : Je pense que l'industrie des médias a changé pour toujours. Les tournages à distance et le livestreaming font désormais partie intégrante de la réalisation de films. Et c'est parti pour durer très, très longtemps. C'est rentable, et on peut par exemple imaginer quelques étudiants se réunir virtuellement depuis des pays différents et tourner ensemble.

Et je trouve ça fantastique. Même à plus grande échelle, on peut tourner des longs métrages de cette façon. Bien sûr, il peut y avoir des problèmes de débit internet, mais dans l'ensemble ce système fonctionne.

À Mumbai, le producteur Vikram Nath Gupta discute d'une prise de vue avec un client
À Mumbai, le producteur Vikram Nath Gupta discute d'une prise de vue avec un client. Photo : Carbon Black Films

JD : Il faut se montrer incroyablement créatif pour continuer, pour avancer.

Je me demande aussi comment les agriculteurs acheminent leurs produits sur les marchés aujourd'hui. Qu’en est-il des systèmes de transport ? Que font les gens pour apporter la nourriture jusqu'à leurs semblables ?

ES : Eh bien, la situation est compliquée pour les agriculteurs aussi. Cette année a été très difficile pour eux.

En fait, c'est toute l'infrastructure alimentaire qui a été désorganisée. Et elle l'est toujours. L'un de mes amis qui dirige une start-up d'alimentation bio m'a expliqué quelque chose de vraiment intéressant, à savoir que la sécurité alimentaire est comparable à la sécurité nationale.

Kunal Arora (Norea Organics) : La prospérité de l’Inde repose sur celle de ses agriculteurs. C'est très important. Personnellement, je pense que la sécurité alimentaire est capitale pour notre nation.

Ela : Il a dû modifier complètement ses activités, parce que son modèle consistait essentiellement à travailler avec des agriculteurs de toute l’Inde — dans une dizaine d'États, je crois — et à expédier des denrées périssables dans tout le pays. Ce sont des produits vraiment, vraiment exceptionnels que la plupart des Indiens ne connaissent pas parce qu'ils partent directement à l'export. C'est quelque chose qui arrive souvent en Inde. Il a donc dû changer complètement son mode de fonctionnement.

Il a failli fermer boutique à cause des problèmes d’approvisionnement. Il ne pouvait pas envoyer les commandes à ses clients. Ils ne pouvaient pas arriver jusqu'aux clients. En plus, beaucoup des membres de l'équipe ont quitté leur emploi parce que personne ne savait ce qui allait se passer. Ils avaient des vélos. Ils sont montés sur leurs vélos et sont rentrés chez eux quand la première vague a frappé.

Kunal : Depuis l'irruption de la COVID, c'est tout notre système qui a été déstabilisé, comme presque toutes les entreprises à travers le pays.

La logistique, depuis les fermes jusqu'à nos bureaux, est devenue un énorme problème. Et même chose depuis nos locaux jusqu'à nos clients, tout était très compliqué. Nous avons également été contraints de passer au télétravail, mais la plupart de nos employés n'étaient pas équipés pour cela. Il nous a fallu totalement restructurer l'ensemble de l'organisation et de nos processus.

Kunal Arora a fondé Norea Organics, une start-up d'alimentation bio qui promeut le développement durable
Kunal Arora a fondé Norea Organics, une start-up d'alimentation bio qui promeut le développement durable. Photo : Norea Organics

ES : C'est en s'inspirant de sociétés comme Amazon ou Big Basket, qui paraissaient avoir trouvé la recette miracle, qu'il a décidé de passer au numérique. Là encore, il a complètement revu le fonctionnement de son entreprise, complètement repensé son modèle en concevant des applications et des plateformes en ligne, en changeant toute son approche marketing, en investissant dans des logiciels qui aident à prévoir la demande des consommateurs.

Et puis, il a également modifié son stock, sélectionné ses produits, formé ses employés pour qu'ils maîtrisent la technologie, et aussi mis en place des chaînes logistiques, car parfois, avec certains agriculteurs, il n'y avait plus de voies d'approvisionnement. Donc oui, beaucoup de gens ont fait des choses vraiment intéressantes.

JD : Et pourtant, vous traversez une période tellement sombre, c'est tellement difficile.

Avec tant de personnes qui contractent la COVID et tant de personnes qui meurent, je me demande comment les gens font pour avancer. Qu'en pensez-vous ?

ES : Je pense qu'à ce stade, c’est une question d'espérance et d'humanité. Nous sommes de plus en plus nombreux à tendre la main aux autres. Et notre sauveur, c'est la technologie qui est venue à la rescousse, et nous sommes capables de l'utiliser pour pouvoir aider les autres en temps réel.

Je n'ai jamais vu ça auparavant, je n'avais jamais été en contact avec autant de personnes alors que tout semble hors de contrôle, et en plus c'est vraiment en temps réel. Peu importe que je sois réveillée à trois heures du matin par un message SOS. Je peux y répondre parce que j'ai accès à des groupes WhatsApp.

Je suis en contact avec des gens qui passent leurs jours et leurs nuits à vérifier et mettre à jour des informations sur la disponibilité de l'oxygène, les places en réanimation, les ambulances et les volontaires qui peuvent vous apporter à manger quand toute votre famille est malade.

Je crois que c'est la seule chose qui permet à tout le monde de tenir le coup, il y a comme un système parallèle qui s'ajoute à ceux qui existent déjà. C’est là que réside l’espoir, n'est-ce pas ? Dans le fait que nous soyons tous unis, le fait que nous essayons de nous en sortir, le fait qu'il y ait tant de gentillesse et d'ingéniosité à l'œuvre pour résoudre les problèmes en ce moment. Je crois que c'est vraiment la seule chose qui permet à tout le monde de continuer.

Évidemment, il est sans doute trop tôt pour s'en féliciter totalement. Peut-être que l'année prochaine nous pourrons regarder en arrière et célébrer toutes les initiatives auxquelles nous avons assisté.

JD : Merci Ela. Merci d'avoir partagé tout ce que vous vivez avec nous, et prenez bien soin de vous.

C'était notre reportage IFC Insights en Inde. Il fait partie de plusieurs récits personnels, et a été à la une de la dernière newsletter IFC Insights. Pour vous abonner, utilisez le lien ci-dessous. Encore merci, Ela, d'avoir pris le temps de nous parler et merci à toutes les personnes qui ont envoyé des messages vocaux pour nous raconter ce qui se passe dans leur secteur.

Ce reportage a été produit par l'équipe Communication d'IFC. Jasmin Bauomy était en charge du script et du son. Au micro, John Donnelly. Merci de votre attention. Portez-vous bien et protégez-vous !

Publié en mai 2021

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