Ni frontières, ni limites pour cette entrepreneure africaine

L'entrepreneuriat des femmes est bon pour les affaires et essentiel pour la croissance économique. C'est pourquoi IFC travaille avec le secteur privé pour élargir l'accès aux capitaux des femmes entrepreneurs et leur fournir des formations dans divers domaines, tels que la gestion des affaires et le leadership. Pour en savoir plus sur les initiatives d'IFC, visitez www.ifc.org/gender.

Aussi disponible en anglais.

 

Logo-Creating Markets Le moment qu'Anta Babacar Ngom n'oubliera jamais, ce n'est pas le jour où elle a décroché son emploi de rêve. C'est le jour où elle ne l'a pas eu.

Anta Babacar venait de rentrer au Sénégal après un séjour à Paris, où elle a étudié dans de grandes écoles et travaillé au sein d’une multinationale. À l'époque, elle estimait que son expérience à l'étranger l'aiderait à développer Sedima, l'entreprise avicole familiale au Sénégal. Mais une réunion avec le directeur général de Sedima - son père en l’occurrence - se termine de façon surprenante. Au lieu d'être affectée à un bureau, elle est envoyée dans une ferme pour apprendre les rudiments de l'élevage de volaille.

« J'étais vraiment sûre que j'allais travailler dans un bureau », explique Anta Babacar. « J'avais un MBA, une maîtrise, je connaissais le monde des affaires, j'étais née avec les poules. Que pouvait-il espérer de plus ? »

Six ans plus tard, à 33 ans, elle est la directrice générale de la plus grande entreprise avicole du Sénégal - et elle comprend maintenant le raisonnement de son père. Sa décision lui a offert la chance d'acquérir des connaissances sur l'entreprise en commençant au bas de l’échelle. Cette expérience a beaucoup influencé son style de leadership et a développé ses compétences de prise de décision. Par son implication, elle a gagné le respect et l’estime de ses collaborateurs en tant que cadre supérieur. Sous sa direction, plusieurs projets importants se sont concrétisés.

Le leadership d'Anta Babacar a permis à Sedima, un client d'IFC, d'étendre ses opérations et de pénétrer de nouveaux marchés, même au-delà des frontières du Sénégal. IFC a aidé l'entreprise à identifier les domaines dans lesquels elle pourrait accroître son efficacité et lui a fourni des conseils stratégiques.

Anta Babacar fait partie d'une nouvelle génération de chefs d'entreprise africains qui sont en train de remodeler la dynamique du secteur privé du continent. Sedima, qui exploite la plus grande usine de transformation de poulet en Afrique de l'ouest, emploie 780 personnes et contribue indirectement à l’emploi de 40 000 personnes au travers de sa chaîne d'approvisionnement. La société est actuellement en expansion dans certains des marchés les plus difficiles du monde - des pays touchés par des conflits ou l'instabilité politique. Elle est aussi en train de se lancer dans le secteur du poulet pour la restauration rapide.

« Aujourd'hui, je sais que cette entreprise n'est plus seulement une entreprise familiale », dit-elle. « Elle doit sortir des frontières et devenir une multinationale. C'est pourquoi l'année dernière nous avons investi au Mali où nous avons maintenant un couvoir. Nous commençons également à investir dans deux pays d'Afrique centrale. »

L'un des élevages de poulets de Sedima, à Malika, au Sénégal. ©Dominic Chavez/IFC.


Anta Babacar attribue en partie son succès entrepreneurial à la formation qu'elle a reçue sur le terrain lors de son retour de Paris. Elle se souvient des paroles de son père : « Maintenant, tu pars de la base. Ta réussite scolaire ne va épater personne, à moins que tu ne sois plus performante qu'eux au travail. C'est là qu'ils sauront que tu n'es pas ici seulement parce que tu es ma fille. »

Il l'a envoyée à la ferme d’élevage de poulets de Sedima, où elle était souvent la seule femme. « Un des défis dont je me souviens était le poulailler », dit-elle. « Pour des raisons sanitaires, on doit rester enfermé dans le poulailler pendant 21 jours après avoir réceptionné les poussins. Avant que les volatiles n'arrivent, on prépare notre pièce, on règle la température, et on installe l'équipement. Quand les poulets sont là... on vit littéralement avec eux dans ce poulailler. »

« Aujourd'hui », dit-elle, « de plus en plus de femmes africaines investissent dans le secteur agroalimentaire. 30% des clients de Sedima sont des femmes et leur nombre augmente rapidement. « Cela ne semble plus être un travail réservé aux hommes parce que nous voyons également des femmes investir et réussir. Certaines font de l'élevage de poulets chez elles. Bon nombre d'entre elles, parties à l'étranger, choisissent de revenir pour investir ici. »

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Publié en mars 2018

 

Ce récit fait partie d’une série sur le travail d’IFC pour soutenir la création de marchés, donnant de nouvelles opportunités pour les populations des pays en développement. Ces approches innovantes ont aidé à résoudre les problèmes les plus pressants dans certains pays, ou parfois, dans des régions entières.