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La nouvelle autoroute du Sénégal accélère le développement

Ce récit fait partie d’une série sur le travail d’IFC pour soutenir la création de marchés, donnant de nouvelles opportunités pour les populations des pays en développement. Ces approches innovantes ont aidé à résoudre les problèmes les plus pressants dans certains pays, ou parfois, dans des régions entières.

Aussi disponible en anglais.

 

Par Inaê Riveras, IFC Communications

DAKAR, Sénégal – Les employés se battant chaque jour contre des embouteillages paralysants pour se rendre au travail à Dakar étaient fortement pénalisés par la congestion routière chronique de la région : ils perdaient leur temps, leurs voitures tombaient souvent en panne et ils arrivaient au travail épuisés par le trajet. Pour des entreprises comme Ruf Universel Service, une entreprise de transport située dans la ville voisine de Rufisque, les coûts associés à la lourde congestion de la circulation étaient conséquents.

Des trajets plus longs que prévus entraînaient une augmentation des coûts de carburant et des salaires des chauffeurs routiers. Souvent, l'entreprise encourait des pénalités de retard quotidiennes, imposées par des clients dont les délais d’acheminement des cargaisons n’étaient pas respectés. « Quand on parle d’un camion de 40 tonnes, les retards peuvent représenter des milliers de dollars de pénalités par jour », explique le directeur du cabinet, El Hadji Djibril Mbengue.

 

Mais l'autoroute de 41 kilomètres qui relie désormais Dakar à la banlieue améliore nettement la mobilité, facilitant ainsi les transactions commerciales et créant de nouvelles opportunités pour des entreprises telles que Ruf Universel Services. L'autoroute - le premier partenariat public-privé (PPP) pour la construction d’une nouvelle autoroute en Afrique de l'Ouest - a été achevée en deux phases, toutes deux soutenues par IFC. La première section, une tranche de 24 km entre Dakar et Diamniadio, inaugurée en 2013, a réduit le temps de trajet entre les deux villes à environ 30 minutes, au lieu de deux heures auparavant.

Le succès de la première section a conduit à une extension de l'autoroute, également structurée en PPP. La deuxième tranche, mis en service en 2016, a ouvert l'accès de Dakar à l'aéroport international nouvellement inauguré, et Thiès, la troisième ville du pays, et a permis la création d’un itinéraire plus rapide de la capitale vers les stations balnéaires de Saly, d’importantes sources d'emplois et de revenus pour le pays.

 

AU-DELà DE LA MOBILITÉ

Dans le Grand Dakar, les problèmes de circulation ont longtemps représenté un obstacle au développement. Et puisque les performances économiques de la région ont des répercussions dans tout le Sénégal, une meilleure mobilité urbaine est un facteur clef pour la prospérité locale et nationale. Les projections de croissance régionale montrent que la population du centre urbain pourrait doubler pour atteindre 5 millions d'habitants d'ici 2030, dont la majeure partie dans la périphérie de Dakar. La région abrite déjà plus du quart de la population du pays et contribue à environ 60% de son PIB.

Djibril Ndiaye surveille la circulation depuis le centre de contrôle SENAC.


La gestion de la circulation est une priorité dans ce contexte. « Dès que l'on améliore la mobilité urbaine, toute l'économie en bénéficie », explique Dominique Ndong, directeur adjoint de l'APIX, l'agence gouvernementale pour la promotion de l'investissement.

Des études menées sur la nouvelle autoroute en témoignent. Un rapport récent de l'APIX indique que près de 60% des entreprises de la région en ont profité, à travers l'accès à une zone de distribution plus grande, augmentant ainsi leur compétitivité.

L'impact sur l'économie locale est visible pour tous les conducteurs qui empruntent l'autoroute, en particulier ceux qui se souviennent des heures d'attente causées par les embouteillages. « Le goulot d'étranglement a disparu, ce qui a permis à la zone de se développer », explique Didier Payerne, directeur du développement pour l'Afrique chez Eiffage, le groupe français qui a remporté la concession sur 30 ans pour la construction, le financement, l'exploitation et l'entretien de l'autoroute. « Actuellement, nous voyons des maisons, de nouvelles villes, des industries qui poussent le long de l’autoroute. »
 

Images from 2002 (before the toll road) and 2016 show the increase in urban density in an area close to Rufisque. © APIX


Le PPP, qui a créé plus de 300 emplois permanents et 1 000 pendant la construction, a profité aux transports publics, avec des résultats positifs tant pour les usagers que pour le gouvernement. Les résidents ont aussi vu leurs conditions de vie s’améliorer, offrant aux familles aux revenus intermédiaires l'accès à des options de logement abordables en dehors du marché urbain coûteux de Dakar. D'autres programmes de travaux publics très attendus, tels que des initiatives anti-inondation, ont été développés parallèlement à l'autoroute.

Le partage de connaissances entre le personnel d'Eiffage en France et au Sénégal a été un autre élément positif. Quatre ans après la première visite des experts routiers français sur le chantier pour assurer la formation des travailleurs locaux à la gestion des autoroutes - une profession jusqu'alors inexistante dans le pays - les ingénieurs sénégalais à leur tour ont récemment voyagé pour former les employés français à l'utilisation d'un système logiciel qu'ils avaient développé.

 

LE CHEMIN PARCOURU

L’amélioration de la circulation et la stimulation du développement dans la périphérie de Dakar figurent parmi les objectifs initiaux d’IFC pour ce PPP. IFC a agi en tant qu'arrangeur principal et coordinateur mondial des deux enveloppes financières fournis à SENAC, la société concessionnaire sénégalaise créée par Eiffage.

« L'extension de l’autoroute a démontré le potentiel de réplication du premier projet. », a déclaré Juliette Rose, responsable des investissements chez IFC. "Cela a été transformateur : il y a désormais des constructions partout. L’autoroute déplace de fait les activités de Dakar vers sa périphérie. "

Les investissements d’IFC dans les deux phases de l'autoroute, effectués dans le cadre d'un projet plus large mené par la Banque mondiale au Sénégal, se sont élevés à 26 millions d'euros. IFC a arrangé et mobilisé 50 millions d'euros supplémentaires auprès de la Banque de développement de l'Afrique de l'Ouest, la Banque africaine de développement et la CBAO, l'une des principales banques commerciales sénégalaises.
 

Les véhicules traversent les péages près de l'aéroport international Blaise Diagne


Le projet se pose en nouvelle référence pour les infrastructures de transport en Afrique subsaharienne. Il a également contribué à renforcer la confiance dans l’idée que les gouvernements de la région peuvent faire appel au secteur privé pour aider à résoudre des problèmes à grande échelle, tels que la congestion urbaine.

Pour Ruf Universel Services, qui depuis 25 ans transporte des produits chimiques du port de Dakar vers des usines et des centrales électriques en périphérie de la ville, l'autoroute permet de gagner du temps et de l'argent. Des trajets plus rapides se traduisent par des économies moyennes de carburant de 20%, ainsi que par de meilleures conditions pour les chauffeurs de l'entreprise et des avantages de la part des clients pour les livraisons effectuées plus tôt que prévu.

Tous les voyants sont au vert pour Ruf Universel Services, qui envisage maintenant une expansion de sa flotte. « Plus de camions signifie plus d'activité », explique Mbengue, le directeur de l'entreprise.

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Publié en février 2018.